Chère visiteuse, cher visiteur,

Je suis honoré de votre visite sur mon site internet. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir les différentes galeries... Pour visualiser confortablement chaque galerie d'images, attendez quelques secondes le temps que la galerie charge toutes les images, puis cliquez avec votre souris sur le bandeau d'images pour que le portfolio se déroule image par image.

Vous souhaitez en savoir plus sur ces galeries, les endroits précis, les conditions de prises de vues, les régions... Les courts descriptifs qui suivent devraient satisfaire votre curiosité. Le but premier d'un photographe étant le partage, n'hésitez pas à me contacter pour échanger avec moi, obtenir des renseignements; entre passionnés, le dialogue est toujours fructueux !

 

France sauvage

Dans mes nombreuses missions de reportage presse, j'ai été amené à parcourir notre beau pays, aux quatre coins de l'Hexagone. La beauté de la nature est au pas de notre porte.... nul besoin d'aller loin pour être émerveillé. Je me suis surpris à trouver de véritables trésors de nature dans toutes les régions de France, y compris proche des plus grandes villes. Je complétais chacun des mes reportages par des survols en Ulm des paysages les plus scéniques (il m'en reste quelques frayeurs !) - le simple fait de prendre un peu d'altitude restitue tout de suite la puissance d'un paysage.

J'ai longuement parcouru les côtes bretonnes, et le projet un peu fou de couvrir l'ensemble du sentier des douaniers, soit 1300 km de chemins pédestres (GR34) a vu le jour avec la commande d'un hors-série en 2003 du magazine "Balades en France", avec qui je collaborais régulièrement  en tant que pigiste. J'ai ainsi marché tout en photographiant le patrimoine naturel et culturel du sentier des douaniers. Ce travail colossal a ensuite pris le visage d'un livre en 2007 aux éditions Vilo "Balades le long des côtes de Bretagne", complété par plus d'images et de recherches documentaires.

Dans cette galerie vous y verrez des images des côtes bretonnes, de la baie du Mont-Saint-Michel, de la baie d'Arcachon (banc d'Arguin), de la baie de l'Aiguillon, de l'île de Noirmoutier et du marais Breton, du massif du Beaufortain, de la forêt de Rambouillet, des Pyrénées catalanes, du plateau de l'Aubrac, de la Dordogne, de Corse, des étangs de la Brenne, de Lorraine, des Alpes du Léman, des volcans d'Auvergne, des calanques de Marseille et du parc national de Guadeloupe. 

 

Iroise

Une longue histoire d'amour avec l'archipel de Molène et l'île d'Ouessant ! Des petits joyaux de nature mais aussi, et surtout, le caractère bien trempé des insulaires, une vie à part et admirable... presque un combat de tous les jours pour vivre sur ces "cailloux". En mer d'Iroise, tout y est dantesque, l'océan qui peut se déchaîner contre les falaises et les pointes déchiquetées, les petites îles trop souvent méconnues de l'archipel de Molène, les fonds marins dignes des plus beaux atolls, les jeux des familles de dauphins ou les rassemblements de phoques. Les lumières hivernales, les brumes estivales y sont toujours époustouflantes !

J'ai souvent guidé sur ces territoires, à terre ou en mer, à bord de zodiacs ou du vieux gréement "Notre-Dame-de-Rumengol". Au fil des années, je me suis rendu compte que ces îles me collent à la peau et qu'il ne sera pas possible de s'en défaire ! Alors je me soigne en réalisant mes pèlerinages photographiques chaque année !

 

 

Europe Nature

Tout comme la France impressionne par sa diversité de paysages, l'Europe est un fabuleux terrain de jeux pour les amateurs de nature. Il est possible d'être dans des régions très sauvages, loin de la civilisation, et de côtoyer les grands mammifères comme le loup et l'ours. Je me tourne de plus en plus vers des destinations européennes, proche de chez nous, sans que cela nécessite 8 heures d'avion !

Dans cette galerie, vous verrez des images de l'archipel des Açores (îles de Faial et de Pico), célèbres pour ses cétacés et les cachalots entre autres; du delta du Danube en Roumanie et de sa grande région environnante (steppes de la Dobrogea et lagunes de la mer Noire); de pygargues à queue blanche dans le parc national d'Hortobagy en Hongrie et de grands rapaces dans la région des monts Cantabriques en Espagne (vautours, milan royal) ou plus récemment le rare lynx ibérique dans la Sierra Morena.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Spitzberg, archipel du Svalbard

L'Arctique fascine, l'arctique magnétise... là où les arbustes sont nains et rampent au sol dans la toundra gelée, quelques espèces de mammifères survivent toute l'année et des millions d'oiseaux de mer envahissent les parois abruptes pour y nicher le temps du court été boréal. Le Spitzberg est sans doute le territoire arctique le plus facile d'accès, avec des liaisons aériennes quotidiennes depuis la Norvège. On peut donc dans la même journée quitter le vacarme de Paris et se retrouver sous le soleil de minuit à contempler les montagnes veinées de glaciers, un renard polaire chapardant des oeufs d'eider et pourquoi pas un ours polaire en maraude ! J'ai eu l'occasion d'explorer les côtes du Nord-Ouest de trois manières : un premier voyage avec une expédition en kayak (mes bras s'en souviennent encore !) dans l'Isfjord; puis un voyage en voilier jusque dans la baie du Roi (mes premiers morses !) et, plus récemment, une croisière sur un bateau à moteur qui a permis de rejoindre les îles plus lointaines du Nord-Ouest (Nordaustlanlet) et l'archipel des Sept-Iles, au-delà du 80°N. Enfin les ours polaires ! Un grand moment de nature, qui résonne comme une nouvelle invitation au voyage, cette fois-ci du côté de la banquise, malheureusement de plus en plus réduite...

 

Canada, Colombie-Britannique, Great Bear Rainforest.

La côte Ouest du Canada, à proximité de Vancouver, est un paradis pour les amoureux de nature. Ces vastes forêts tempérées pluviales m'ont toujours fasciné. Mais l'exploration de la Great Bear Rainforest n'est pas une mince affaire : peu de réseau routier, des îles inhabitées entièrement couvertes de forêts primaires impénétrables, peu d'estuaires... Seuls l'hydravion et le bateau permettent de s'enfoncer dans ce nature brute. Le défi n'a pas été simple à relever mais j'ai tout simplement le choix de faire convoyer un voilier français, depuis Pornic jusque sur les côtes du Pacifique ! Ce voilier m'a permis de proposer, au sein de l'agence Terres Oubliées, plusieurs croisières en British Columbia et en Alaska, pendant deux saisons (2014-2015). Dans ces décors de grandioses forêts primaires, où subsistent des cèdres rouges de 1000 ans, vit l’un des mammifères les plus rares de notre planète : l’ours kermode. L'un des objectifs était donc d'approcher ce ours unique au monde. Leur fourrure, d’une exceptionnelle couleur blanche, provient d’un gène récessif qui ne se transmet qu’à un faible pourcentage de la population. L’ours Kermode ne s’observe que dans quelques îles (îles de Gribbell et de la Princesse Royale) et compte quelques centaines d'individus seulement ! Le kermode (Ursus americanus kermodei) est une sous-espèce d'ours noir que l'on a surnommé ours esprit ou "Spirit bear" en anglais. En effet, les Tsimshian du nord de la Colombie-Britannique croyaient que l’ours Kermode était habité par un esprit d’une terrible puissance. Il n'existe que 3 rivières connues pour leur observation, et surtout à une période très précise : lors de la remontée des saumons au mois de septembre. Ces territoires étant sous le contrôle de tribus natives amérindiennes (Gitga'at et Klemtu), il faut impérativement passer par leurs services pour se rendre sur les rivières où l'ours esprit est présent. Le succès n'est pas garanti, il faut savoir patienter près de dix heures continues en bord de rivière, souvent sous la pluie; mais lorsqu'un individu se manifeste, la proximité avec l'animal est déconcertant. A partir de mi-septembre, de nombreuses baleines à bosse font aussi leur apparition : elles viennent se nourrir dans ces eaux profondes chargées de plancton et riches en poissons, souvent aux abords immédiats des îles et en lisière de forêt pour ainsi dire ! Un spectacle extraordinaire avec des scènes de vie dignes des plus beaux documentaires, comme leurs bonds hors de l'eau ou leur technique de pêche en groupe.

En juin, un autre séjour dans la Great Bear Rainforest m'a permis de focaliser sur les grizzlies en me rendant dans un sanctuaire où aucune activité n'est autorisé. Seuls deux bateaux canadiens ont l'autorisation de séjourner près de l'estuaire et d'emmener quelques dizaines de touristes seulement. Le sanctuaire de Khutzeymateen, au nord de la petite ville de Prince Rupert, héberge une cinquantaine de grizzlies. La date du mois de juin correspond à un pic d'activité pour les ours dans cette vallée : ils viennent se nourrir de végétation au bord du fjord et dans l'estuaire (herbes de la famille des carex), ainsi que de coquillages à marée masse. A cette époque, les femelles sont accompagnées des jeunes de l'année, et de nombreuses interactions sont possibles entre ours, en pleine période de rut (combat, accouplement). C'est un véritable privilège d'être un témoin de l'activité des ours en toute sécurité.

Ecosse et îles Shetland

Une révélation qui remonte à 20 ans maintenant et une passion pour ce pays qui ne démord pas. L'alchimie des paysages, des lumières, de la faune, de la culture écossaise résonne en moi et je ne me lasse pas de parcourir ces vastes landes humides... Naturellement, deux livres sont nés de tous ces voyages en terres d'Alba, avec une affection particulière pour l'automne et l'hiver, leurs lumières rasantes, la lande rousse, les échos des cerfs dans les montagnes, les premières neiges, et parfois le silence absolu, le temps suspendu. L'Ecosse est un véritable poème qui offre des moments de nature inaltérables. J'ai appris en Ecosse combien la photographie de paysages est ardue, la météo très capricieuse empêche parfois de faire le moindre cliché, il faut se montrer humble et patient, comme pour l'animalier !

Trois galeries n'étaient donc pas de trop pour livrer quelques images, paysages, faune et loutre d'Europe. Au fil des années, la loutre est devenue mon animal fétiche : très difficile à voir en France, ses populations se portent plutôt bien en Ecosse. Avec patience - parfois de longues journées d'affût et d'attente - on peut espérer approcher la belle lorsqu'elle pêche en bord de mer. Et c'est précisément ce qui me plaît : l'animal est discret, farouche, la loutre se confond parfaitement avec les algues brunes, apparaît subitement et disparaît dans les ondes aussi énigmatiquement que son apparition. Un vrai défi pour le photographe ! J'ai donc consacré des séjours entiers à sa recherche, je l'ai beaucoup observée - et beaucoup appris d'elle - et finalement peu photographiée... Chaque voyage est un éternel recommencement. Les îles écossaises sont devenues mes terrain de jeu favoris, certaines n'ont presque plus de secrets pour moi - comme l'île de Mull - mais il me reste encore bien des endroits à explorer. L'Ecosse, c'est finalement l'histoire de toute une vie !

 

Islande

Savant mélange d'activité volcanique et de glaciers, de champs de lave et de scories, de mousses phosphorescentes, de chutes et cascades en tous genres, l'Islande est un petit pays aux paysages spectaculaires. Certainement l'un des plus beaux pays que j'ai pu exploré, pour les amateurs de froid. Si le littoral est facile d'accès, du fait de la route nationale qui fait le tour de l'île, l'intérieur des terres devient vite une aventure et exige un véhicule tout-terrain. Les pistes sont d'ailleurs fermées une bonne partie de l'année. J'ai parcouru la côte sud jusqu'à la lagune glaciaire de Jokulsarlon et la région de Landmannalaugar, autour du volcan Hekla. Un premier voyage en octobre m'a fait vivre les premières tempêtes de neige, en étant bloqué à l'intérieur des terres. Sensationnel ! Terre de contrastes, de feu et de glace, les paysages islandais marquent incontestablement tous les voyageurs et les photographes.

 

 

South Georgia - expédition vers l'île subantarctique de Géorgie du Sud

C'est le genre de voyage qu'on ne fait qu'une fois dans sa vie... A 1400 km des îles Falkland (près de 2000 km des côtes de Patagonie), l'île inhabitée ne peut être rejointe que par la mer. J'ai attendu de trouver le bon bateau à moteur (de petite capacité, 12 passagers) et le bon capitaine, Dion Poncet, un gars extraordinaire qui vit sur une petite île des Falkland, à élever rennes et moutons, et qui passe 6 mois de l'année à naviguer dans les eaux australes jusqu'en péninsule antarctique. Deux années ont été nécessaires pour monter ce projet unique, dans le cadre de l'agence Terres Oubliées, et constituer un petit groupe de passionnés assez fous pour se frotter à l'océan fougueux (4 à 5 jours de mer agitée pour s'y rendre !) et s'immerger dans le décor surnaturel de la Géorgie du Sud, de hautes montagnes couvertes de glaciers se jetant dans l'océan. Soit un voyage de 30 jours, dont 18 passés en Géorgie du Sud. Cette île concentre une vie animale sans doute parmi la plus dense de la planète, des centaines de milliers d'otaries, d'éléphants de mer, de manchots royaux, de manchots papous, de gorfous macaronis et de précieuses populations d'albatros, de plus en plus menacés par la pêche intensive. La faune se concentre essentiellement sur les plages, ce qui donne lieu à des scènes incroyables où les espèces cohabitent dans une grande cacophonie.

Ma première motivation pour réaliser un tel voyage était de voir les grands albatros (ou albatros hurleurs) lorsqu'ils paradent ailes grandes ouvertes - encore un rêve de gamin. Nous avons réussi à approcher ces oiseaux mythiques, sur leur lieu de reproduction et à leurs premiers ébats amoureux. Fantastique ! Les mots sont bien faibles pour raconter une telle aventure, heureusement les images demeurent... c'est une chance inouïe de pouvoir débarquer en Géorgie du Sud.

 

Afrique

Continent incontournable pour les amoureux de le vie sauvage, l'Afrique a de quoi rendre addict ! Evidemment, les pays qui misent sur l'économie de l'écotourisme, avec de vastes parcs nationaux, sont les plus visés. J'ai eu l'occasion de voyager à plusieurs reprises en Afrique de l'Est (Kenya, Tanzanie) et en Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Namibie) et un petit crochet en Zambie/Zimbabwe pour les chutes Victoria. Les travers du tourisme de safari sont parfois pesants et je m'éloigne de plus en plus du voyage purement motorisé, dans des zones où la vie sauvage semble contingentée. Mais il m'en reste de grands moments comme le lever du jour dans le désert du Namib, la chasse du léopard au Kruger, la traversée des éléphants dans la rivière Chobe ou bien le survol du delta de l'Okavango ou des chutes Victoria. Les paysages tanzaniens sont pour moi les plus forts, avec les baobabs, le fabuleux cratère du Ngorongoro et les plaines immenses du Serengeti, lorsqu'elles se noircissent à perte de vue, pendant la migration, des grands troupeaux de gnous, de zèbres et de gazelles. Les bivouacs sauvages en brousse laissent aussi des souvenirs impérissables, des nuits presque blanches, à être en alerte au moindre bruit dans le campement et au passage des animaux comme les lions...

 

South Africa - province du Cap

La province du Cap en Afrique du Sud est un voyage à part entière, une véritable parenthèse sur le contient africain, avec ses ambiances purement océaniques et son air de grande faune africaine. Surprenant mélange ! Le taux d'espèces endémiques, en faune et flore, y est très élevé. J'ai voulu m'y rendre la première fois après avoir lu un reportage sur le grand requin blanc et la possibilité de l'observer depuis une cage. Ma fascination pour les grands prédateurs a encore eu raison de mes économies et j'ai vécu cette expérience exaltante de voir ce superbe requin se diriger droit sur la cage... Mais la province du Cap réserve bien d'autres trésors naturels comme les baleines franches qui viennent s'y reproduire, les colonies de manchots du Cap et les espèces d'oiseaux pélagiques. Pour finaliser mon livre "Les Oiseaux de l'Atlantique", je suis revenu au Cap lorsque les espèces européennes viennent y hiverner et pour photographier des espèces plus rares comme les albatros au large du cap de Bonne-Espérance, souvent à suivre les chalutiers en haute mer. C'était la première fois que je voyais ces géants des mers, loin de leurs îles natales... ce qui m'a donné l'idée et l'envie de me rendre en Géorgie du Sud pour les approcher sur les lieux de reproduction.

 

Tigre du Bengale

"Tiger ! Tiger !" Les cris des guides indiens, excités comme si c'était la première fois qu'ils repéraient un tigre,  résonnent toujours dans ma mémoire. Magnifique créature, associée aux divinités, l'animal a de quoi bouleverser lorsqu'il surgit de la forêt. La rencontre avec le félin remonte à mon tout premier grand voyage, lorsque, âgé de 21 ans, je me suis en tête d'aller voir le tigre dans son milieu naturel. Sac sur le dos, avec peu d'argent en poche, je suis parti un mois en Inde et au Népal et la rencontre a bien eu lieu dans le parc de Chitwan ! Depuis, d'autres voyages, en tant que guide, ont suivi et j'ai eu de nombreux contacts avec le félin dans différents parcs nationaux. Mes plus beaux moments ont été dans le parc de Bardia, au Népal, où les sorties se déroulaient à dos d'éléphant, dans l'ambiance magique de la jungle et sans un seul bruit motorisé. Dans ce parc, il y avait aussi la possibilité de réaliser des affûts en bord de rivière ou de longues marches à pied. A deux reprises, j'ai croisé à pied le regard d'un tigre, seul en forêt avec mon guide népalais, je ressens encore l'émotion intense que cela m'a procuré. Au-delà du grand fauve, les forêts indiennes recèlent d'une vie sauvage passionnante et bien d'autres espèces, certaines tout autant menacées que le tigre, méritent de faire le voyage. La situation du tigre est devenue critique, l'espèce se meurt de la réduction de son habitat et du braconnage; il n'y aurait plus que 1400 tigres du Bengale à l'état sauvage !

 

Grizzlis de Kodiak

C'est sans doute l'un des voyages les plus forts en émotions que j'ai pu organisé. Kodiak : grande île (300 km de long) située dans le golfe d'Alaska, à 1h de vol de la capitale Anchorage. Hormis la ville de Kodiak de  13000 habitants, l'île est entièrement livrée à une nature brute, indomptée où vivent 2300 grizzlys ! L'ours Kodiak est connu pour être le plus gros grizzly au monde, certains individus tués par des chasseurs pesaient 1 tonne, beaucoup plus gros qu'un ours polaire ! Et pourtant cet endroit est peu visité, car il n'existe que très peu d'informations et la logistique devient vite complexe dans ces territoires. Avec quelques informations, une carte d'état major commandé sur internet et le contact d'une compagnie d'hydravion, je me suis lancé dans un voyage d'exploration pour vivre en bivouac sauvage sur le territoire des ours. Septembre 2003 : je pars avec quelques amis voyageurs expérimentés et un journaliste de "Trek magazine" intéressé par cette drôle d'aventure. L'idée est simple : se faire déposer en hydravion sur un grand lac du sud de l'île, puis rejoindre à pied, à travers les montagnes, l'océan Pacifique dans la baie d'Olga. D'après mes informations, ce sont des secteurs très fréquentés par les ours, l'objet de notre voyage. Après 1 heure d'hydravion, nous sommes déposés avec notre matériel et livrés à nous-même, sans arme. Dix minutes après notre arrrivée, un premier ours longe la rive du lac et passe près de nous en s'écartant légèrement ! L'histoire est longue mais nous avons vécu 10 jours au milieu des ours, souvent entre un mélange d'appréhension et de fascination. Nous avons intensément ressenti ce qu'est le Wilderness si bien décrit chez les auteurs américains de Nature writing. Nous étions chez les ours et c'étaient à nous de nous adapter, de leur laisser le passage... Ce voyage a été une véritable leçon d'humilité, l'homme redevenait un simple maillon du vivant, sans aucune suprématie, les maîtres des lieux étaient bien les grizzlys. Le reportage est sorti dans un hors-série de Trek magazine l'été 2004, spécial "Voyages d'exception" : le titre de l'article était "Logiquement, vous ne le feriez pas... 192 heures dans le peau d'un ours". Beau témoignage !

Juillet 2004 : retour sur Kodiak avec des clients pour vivre la même aventure, une fois encore tous les ingrédients sont réunis pour vivre une belle expérience, et les ours sont toujours aussi nombreux. Mais à la fin du voyage, un ranger m'attend à la sortie de l'hydravion : "Ce que vous faîtes est totalement illégal !". Il n'y aura pas d'autres voyages de ce genre avec des clients - d'ailleurs toute la communauté de Kodiak évoquait notre aventure au milieu des montagnes, du jamais vu - mais mon histoire avec les ours de Kodiak n'est pas un chapitre clos...

 

Pantanal, Brésil

Imaginez un marais immense où oiseaux, jaguars et loutres géantes cohabitent sans craindre l’homme. Ce marais existe bien, il s’agit du Pantanal, la plus grande plaine inondée au monde, lovée entre le Brésil, la Bolivie et le Paraguay. Parmi les hauts lieux de la biodiversité sur Terre, le Pantanal est un immense paysage ouvert et illuminé de soleil, où la faune abondante se laisse facilement observer. Paradis des oiseaux, près de 650 espèces, la spatule rose y côtoie l’ara hyacinthe et le toucan !

Assez récemment, les observations de jaguar y sont de plus en plus faciles, car l'écotourisme s'est largement développé et que les éleveurs locaux trouvent désormais un intérêt à protéger le félin plutôt que le chasser ou le braconner. Le tourisme d'observation porte ainsi ses fruits lorsque les mentalités évoluent.

Pour les photographes animaliers, la Pantanal est donc devenu un hotspot pour approcher le jaguar, qui est habituellement très difficile à voir dans les forêts tropicales. Ce qui me plaît particulièrement dans cette région brésilienne, c'est qu'il n'y a pas de barrière entre les activités de l'homme (principalement de l'élevage) et la faune. Vous êtes à la fois chez les locaux, à partager leur quotidien, et dans une nature vierge, non persécutée. Nul besoin de permis pour entrer, pas de "gates" comme en Afrique qui marquent la scission entre le territoire de l'homme et celui des animaux... C'est un territoire en symbiose, comme il en existe peu à travers le monde.

 

Extrême-Orient : Kamchtaka, îles Kouriles, Sibérie

Aux confins de la Russie, entre la mer d'Okhotsk, la mer de Béring et le Pacifique Nord, s'étendent des territoires sans doute les plus sauvages et les plus reculés de notre planète. Vouloir s'y rendre n'est pas une mince affaire ! J'ai pris contact avec l'Extrême-Orient lors d'une voyage en croisière le long de la péninsule du Kamchatka, des îles Kouriles et de l'archipel du Commandeur. Un seul bateau est autorisé à emmener des touristes sur ces territoires sensibles et hautement préservés, la pile d'autorisations pour débarquer sur les îles inhabitées des Kouriles est haute !  La péninsule volcanique du Kamchatka égrène des îles prodigieuses que l'homme a abandonné à leur âpreté. Les îles Kouriles et du Commandeur hébergent de précieuses populations de mammifères marins et d'immenses colonies d'oiseaux de mer du Pacifique. Je garde un souvenir ému lorsque nous avons pénétré en zodiacs dans la caldeira de l'île de Yankicho, étreinte par la brume et où nul homme contemporain n'a séjourné.  Le spectacle était grandiose : des milliers d'alques huppés virevoltaient autour des pentes verdoyantes de la caldeira. Sensation de premier matin du monde...

Un second voyage en Sibérie orientale a relevé plus de l'expédition afin d'explorer la région de Magadan, en mer d'Okhotsk. Les îles d'Umara et de Talan sont des sanctuaires de la vie sauvage, parmi les plus précieux de la Russie. Tandis que les grizzlys viennent se gaver de saumons sur la côte, les oiseaux de mer du Pacifique colonisent par millions ces bouts de terre émergés. Un spectacle inoubliable dans l'atmosphère des brumes sibériennes et au royaume du pygargue de Steller. Un voyage que j'ai eu le chance de partager avec le talentueux Vincent Munier www.vincentmunier.com